Modèle psychanalytique

Freud, qui initie la psychanalyse, propose une des hypothèses les plus anciennes de ce qu’on nomme actuellement TOC, qu’il nomme « la névrose obsessionnelle » (Freud, L'Homme aux rats : Journal d'une analyse (1909)). Partant d’un cas clinique spécifique : l’homme aux rats, Freud construit de façon ascendante une élaboration théorique de ce cas. 

La conceptualisation de cette névrose s’inscrit dans le cadre général qu’utilise alors Freud, celui de la névrose comme tentative de réguler psychiquement les affects problématiques associés à des expositions sexuelles précoces.

Sébastien Rose, rapporte ainsi dans sa thèse « Actualités de la névrose obsessionnelle », les écrits de Freud : « la névrose obsessionnelle, (résulte) d’une volupté́ sexuelle présexuelle transformée ultérieurement en sentiment de culpabilité́ » ;

«  La névrose d’obsessions [névrose obsessionnelle] (Zwangsneurose) relève d’une cause spécifique très analogue à celle de l’hystérie. [...] On y trouve un évènement sexuel précoce. Il n’y a qu’une différence qui semble capitale. Nous avons trouvé au fond de l’étiologie hystérique un évènement de passivité́ sexuelle, une expérience subie avec indifférence ou avec un petit peu de dépit, ou d’effroi. Dans la névrose d’obsessions [névrose obsessionnelle], il s’agit au contraire d’un évènement qui a fait plaisir, d’une agression sexuelle inspirée par le désir ou d’une participation avec jouissance aux rapports sexuels ».

 

Au-delà des mécanismes explicatifs, aujourd’hui souvent contestés, ce qu’il faut retenir, c’est l’importance accordée dans cette théorisation aux dynamiques psychiques, aux mécanismes de défense internes contre des affects déplaisants et/ou socialement réprouvés, qui sont à l’origine de la formation des symptômes. Dans cette approche, les symptômes ont du sens. Cette hypothèse théorique forte est abandonnée dans le DSM au profit d’une tentative de décrire les symptômes de façon totalement indépendante de toute hypothèse explicative.