Outils d'évaluation

La manière d’évaluer le TOC dépend évidemment de la manière de penser le TOC. Aujourd’hui, la communauté psychiatrique,  concernée en premier chef par les TOC, a majoritairement adopté le point de vue du DSM et les outils et méthodes qui viennent avec. 

Il existe des « questionnaires » ou des supports d’entretiens qui sont utilisés par les professionnels de santé (psychiatres et psychologues) pour aider à caractériser une personne comme répondant aux critères diagnostiques des TOC et en  évaluer la sévérité. Tout comme le DSM, ces outils/questionnaires sont conçus pour être utilisés par des professionnels formés à leur utilisation. Ils peuvent parfois être remplis par la personne seule, mais leur interprétation nécessite toujours une analyse approfondie de la situation en relation avec un expert. 

 

Les 2 principaux outils sont : 1) le MINI qui aide au diagnostic de TOC et 2) la Y-BOCS qui permet d’évaluer la sévérité du TOC.

 

  • Le MINI : Le Mini International Neuropsychiatric Interview (Sheehan, 1998) est un questionnaire visant à recueillir des informations générales sur l’ensemble des troubles psychiatriques envisageables. Il intègre une section sur les TOC qui comporte plusieurs questions, devant être abordées au cours d’un entretien, et qui sont nécessaires, mais en aucun cas suffisantes, pour établir le diagnostic de TOC selon les critères du DSM. Par exemple : « Penser que vous étiez sale ou que vous aviez des microbes, ou que vous alliez frapper quelqu’un malgré vous, ou agir impulsivement, ou bien encore étiez-vous envahi(e) par des obsessions à caractère sexuel, des doutes irrépressibles ou un besoin de mettre les choses dans un certain ordre ? ». Le fait d’avoir envie de frapper quelqu’un malgré soi ou d’agir impulsivement peut être explicable par une « phobie d’impulsion » qui rentrerait dans le cadre d’un TOC mais aussi par un trouble du contrôle des impulsions, une situation de burnout, une situation d’agression chronique objective, une ambiance sociale agressive… Tenter de faire soi-même un diagnostic uniquement sur la base de ces outils essentiellement destinés à systématiser le recueil des signaux pour un professionnel présente des risques majeurs d’erreur.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • D’autres instruments dédiés aux TOC sont plus précis et approfondis. C’est le cas par exemple de la Y-BOCS. La Yale-Brown Obsessive-Compulsive Scale (Goodman, 1989) est un outil catégoriel, c’est-à-dire : on appartient à la catégorie, ou pas, de façon binaire. Elle est composée de deux parties. La première partie présente un ensemble de symptômes (types d’obsessions et de compulsions), permettant de définir la thématique du TOC. La seconde partie est un entretien comportant plusieurs questions dont les réponses vont permettre d’évaluer la sévérité du TOC. Cinq critères sont chacun notés de 0/4 pour définir la sévérité des obsessions (/20) et des compulsions (/20) : 1) le temps moyen consacré aux obsessions ou compulsions par jour, 2) l’intensité de l’angoisse qui y est généralement associée, 3) le niveau de gêne engendré par les symptômes, 4) la résistance : quantité d’effort que la personne fait pour lutter contre les obsessions ou compulsions, et 5) le contrôle : ces effort pour résister sont-ils efficaces ? Les deux parties de la Y-BOCS permettent ainsi de définir le ou les types de TOC présents et quelle est la sévérité du trouble (avec un score sur 40). A noter que le TOC peut être plus ou moins invalidant, allant d’une altération légère du fonctionnement de la personne à une incapacité à effectuer la plupart des actes du quotidien.
  • Une version plus récente, traduite en français et validée par Antoine Pelissolo, la DY-BOCS est une version dimensionnelle, qui permet de quantifier numériquement chacune des sous-dimensions du TOC (contamination, erreur, ordre, symétrie…).

 

Un outil complémentaire que l’on peut utiliser est le questionnaire de Padoue (Sanavio, 1988). La personne indique elle-même si elle se sent plus ou moins concernée par des phrases liées à plusieurs grandes thématiques du TOC. Par exemple « Parfois, je doute d’avoir fait des choses même si je sais les avoir faites » ou « Je lave mes mains plus souvent et plus longtemps que nécessaire ». Les réponses obtenues ne permettent pas de poser le diagnostic de TOC, mais de dire si les symptômes concernent plus la thématique du lavage, de la vérification, etc.  

    « On a tous des TOC ! » FAUX !  

 

La prévalence (la proportion de la population) des personnes répondant vraiment aux critères diagnostiques mentionnés précédemment se situe aux alentours de 3% de la population adulte. Il est donc source de souffrance et de gêne au quotidien. En deçà d’une heure de symptômes actifs par jour, le diagnostic de TOC n’est pas retenu.