Qui sommes-nous ?

Yannick Ung
Ergothérapeute, Designer pédagogique et doctorant en sociologie de la santé
CERMES 3 - CEntre de Recherche Médecine, Science, Santé, santé mentale, Société
Université Paris Descartes - Sorbonne
45 rue des Saints-Pères - Bât. Jacob (3e étage)
75270 Cedex 06
07 86 27 00 29
yannick.ung@me.com
Biographie

Avec le souci de participer pendant mes études à l’amélioration des soins auprès des patients, j’ai participé durant 3 ans à l’élaboration du référentiel d’activités, de compétences et de formation de la profession d’ergothérapeute dans le cadre des groupes de réingénierie des diplômes paramédicaux par la Direction Générale de l’Offre de Soin (DGOS) et le Ministère de la Santé (2006-2009). Cette première expérience collaborative a donné lieu à une publication professionnelle[1] qui a contribué à la prise en compte du parcours personnalisé d’apprentissage des compétences en stage pour améliorer la qualité de la formation des soignants.

À la suite d’une expérience en neuropédiatrie à Neuilly-sur-Seine en tant qu’ergothérapeute diplômé d’État, j’ai exercé ensuite en cabinet pluriprofessionnel auprès d’adolescents ayant des troubles du spectre autistique ou des troubles praxiques (gestuels).La pratique libérale en ergothérapie, en raison des interventions au domicile des patients, m’a permis de mesurer la dimension écologique des activités journalières ainsi que de l’importance des habitudes de vie en situation réelle.

Parallèlement, j’ai poursuivi un Master Recherche en Sciences de l’Éducation (SHS Paris Descartes-Sorbonne) dans le domaine de la santé en abordant, dans un premier mémoire, une approche clinique d’orientation psychanalytique de la relation à la performance et de la reconnaissance du handicap chez l’adolescent dyspraxique. C’est à travers le lien d’attachement de la mère pour son enfant présentant un handicap invisible que j’ai ainsi mobilisé le concept winicottien de la préoccupation maternelle primaire  [2]. Alors que ces adolescents sont en proie à des défis occupationnels au quotidien dû fait de leurs difficultés gestuelles, mes recherches m’ont amené à changer de regard (par le biais de l’anthropologie des apprentissages et la philosophie du langage) pour appréhender l’Esthétique de leurs productions graphiques, qui n’étaient pas investis comme supports d’expression libre et singulière. Ces mémoires de recherche en sciences humaines et sociales m’ont permis de prendre consciences des dynamiques relationnelles et de l’importance de la subjectivité que la position «dominante» de soignant pouvait m’empêcher de voir.

Ainsi, formé à l’ingénierie des curriculums des formations paramédicales, j’occupe depuis 2 ans le poste de responsable pédagogique et de formateur à l’Institut de Formation en Ergothérapie de Paris (ADERE) dans l’espoir et la volonté d’accompagner les étudiants à devenir des professionnels compétents et réflexifs.  L’objectif étant qu’ils accordent toute l’attention nécessaire au patient afin qu’il puisse surmonter ses difficultés via les bénéfices de la rééducation, de la réadaptation et de l’accompagnement thérapeutique. Cette activité d’enseignement est menée de front avec mon projet de doctorat en Sociologie de la santé en codirection avec Xavier Briffault (Cermes 3 - Université Paris Descartes) et Sylvie Tétreault (Cirris - Université Laval, Québec).

Le choix de mon sujet s’est porté sur l’étude ethnographique de la participation sociale des personnes présentant un trouble obsessionnel compulsif et la conceptualisation de dispositifs technologiques efficients d’assistance au handicap psychique. Fort de mon expérience en tant que chef de projet de recherche en Gérontechnologie à Genève[3], il semble à présent nécessaire d’appréhender la santé mentale par la voie des habitudes de vie des personnes et de valoriser les possibilités technologiques pour améliorer leur participation sociale.

Membre du comité scientifiques de l’Association Nationale Française des Ergothérapeutes (ANFE), j’ai participé en 2015 à la coordination de l’ouvrage collectif « l’activité humaine, un potentiel pour la santé ?». Ma recherche doctorale portera également sur les facteurs qui contribuent à la dimension bio-psycho-sociale de la qualité de vie, centrée sur la personne, qui intègre l’environnement humain, occupationnel et architectural.

[1] Ung Y., (2010), Étude comparative de la formation en ergothérapie sur le plan international in ErgOThérapies, Hors série, p.1-62.

[2] Ung Y., (2013) Approche clinique de la relation à la performance in Expériences en Ergothérapie, XXVIe série, Sauramps médical, 229-238.

[3] Ung Y., (2014), Gerontechnologie et technologie d’assistance: Quels modèles de recherche en ergothérapie ? Expériences en Ergothérapie, XXVIIe série, Sauramps médical.

Rôle dans le projet

Au croisement des sciences humaines et sociales, des disciplines médicales, des sciences de l’activité humaine et des connaissances technologiques, mon parcours d’ergothérapeute m’encourage à appréhender les concepts de participation sociale dans le domaine de la santé mentale[1].

Parce que le TOC est «intimement» lié au contexte et aux particularités de la personne la «démarche environnementale», de se confronter à la vie à domicile des personnes présentant un TOC, s’est imposée pour réaliser une recherche sociologique quant à la conception et l’utilisation des dispositifs technologiques d’assistance au handicap psychique.

Mon rôle est de réaliser une recension des articles scientifiques concernant les notions de qualité de vie et de participation dans le champ de la santé mentale et plus spécifiquement aux TOC. J’effectuerai des entretiens ethnographiques sur le sens que les personnes donnent à leurs habitudes de vie et sur les situations de limitations d’activité qu’ils ont dû faire face. Enfin, une évaluation précise de l’environnement domiciliaire permettra d’adapter au plus près les possibilités de technologies mobiles et d’aménagement domotique (télé-médecine), prototypées par notre équipe de recherche.

 

[1] Ung Y., et Briffault X., (2014), Qualité de vie et participation sociale en santé mentale, enjeux communs et spécificités: L’exemple du Trouble Obsessionnel Compulsif (TOC), Conférence annuelle de l’Association Européenne des Centres d’Ethique Médicale (AECEM), article soumis.