Cardiophobie : une peur croissante des crises cardiaques

La cardiophobie est une forme de pathophobie, la peur de la mort dès l’apparition d’une maladie mortelle et soudaine. Cela diffère de l’hypocondrie, que j’ai mentionnée dans un article précédent, où j’ai parlé de patients atteints d’hypocondrie qui paniquent à tout signe de fluctuation de leur corps, ce qui est généralement interprété par le patient comme un symptôme possible d’une maladie potentielle.

Avec la cardiophobie, le patient vit dans la peur constante de mourir d’une maladie, spécifiquement liée au système cardiovasculaire. Cette peur est irrationnelle et persiste malgré de nombreuses consultations médicales négatives. Même si des tests médicaux sont effectués et ont activement exclu les conditions pathologiques organiques, nous trouvons toujours ce problème persistant dans l’esprit du patient. Dans le cas de la cardiophobie, (grâce à notre modèle de traitement et grâce à une action-recherche-clinique-intervention méticuleuse), nous pouvons identifier les principales tentatives de solutions dysfonctionnelles adoptées par les patients souffrant de ce problème obsessionnel.

Comportements dysfonctionnels chez les patients cardiophobes

1. Consultations médicales spécialisées

Pour tenter de contrôler leur peur de mourir, les patients ont tendance à demander de nombreux tests et consultations spécialisés, généralement auprès d’un spécialiste respecté si possible. Les visites dans les hôpitaux et les cliniques spécialisées sont fréquentes, tout comme les ECG, les mesures de la pression artérielle et le temps continu passé sur Internet à rechercher DR Google. Cette recherche continue de réconfort a peu ou pas d’effet sur la réduction de l’anxiété du patient.

2. Surveillance continue de leur rythme cardiaque

La tentative de contrôler leur rythme cardiaque conduit souvent les patients à perdre le contrôle. Cette solution consistant à concentrer de manière obsessionnelle leur attention consciente sur la surveillance de leur cœur pour contrôler son rythme les amène à s’inquiéter qu’il batte trop vite – tachycardie – ou trop lentement – bradycardie. Ils recherchent également toute douleur thoracique suspecte ou inquiétante. Comme c’est le cas pour la plupart des formes de contrôle rigide et obsessionnel (qui conduisent finalement à une perte de contrôle), même dans ce cas, le paradoxe de la cardiophobie est créé : alors que le patient essaie de se rassurer en surveillant son cœur, plus il modifie leur cœur fonctionne et son rythme naturel. Cela produit alors l’effet qu’ils craignaient de découvrir (un rythme cardiaque irrégulier), qui déclenche par la suite une crise de panique.

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3. Évitement de certaines situations

Dans mon récent article sur les pièges mentaux phobiques, j’ai écrit sur les dangers de l’évitement. Une personne cardiophobe évite généralement tout contexte ou situation pouvant causer un stress cardiaque, comme les funérailles, l’exercice, les matchs de football, les fêtes, etc. Elle réduit progressivement à zéro toute activité physique qui pourrait exposer son cœur à des risques. L’ironie ici est que cela conduit à une santé physique réduite et à plus de temps pour nourrir l’obsession de leur cœur et de son fonctionnement.

4. Conversations en cours

Comme c’est typique dans les troubles phobiques et obsessionnels, il y a généralement un partage continu de leurs peurs avec les autres, ce qui produit un effet paradoxal d’augmentation de leur peur et de leur fixation obsessionnelle avec leur cœur. Même si le patient reçoit des assurances rationnelles de son entourage, cela ne fait que nourrir son besoin d’être rassuré et la conviction que quelque chose de sinistre est à portée de main.

Une approche du traitement

Les cliniciens doivent être capables de gagner la confiance du patient et de communiquer efficacement pour s’assurer que le patient sent que vous le prenez au sérieux. Le traitement doit également impliquer des méthodes qui ne sont pas des explications simples et rationnelles, car cela ne fera qu’alimenter davantage le problème. Nous avons constaté qu’une thérapie efficace consiste à briser le cycle entre l’obsession et les solutions dysfonctionnelles habituelles, pour résoudre leur phobie.

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