Chance, Placebos et Superstition

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Le professeur Giora Keinan de l’Université de Tel Aviv étudie la superstition. Dans une étude (2002), Keinan s’intéressait à la vieille superstition concernant le fait de toucher du bois – je suis sûr que vous le savez. Quand quelqu’un suggère que quelque chose de mauvais pourrait arriver, quelque chose sur lequel nous n’avons aucun contrôle, toucher du bois, toucher du bois ou simplement dire « toucher du bois ! » détourne de nous cette mauvaise chose. Parfois, nous invoquons le rituel lorsque nous souhaitons qu’un peu de chance vienne à notre rencontre. Toucher du bois est considéré comme un moyen d’éviter la malchance que pourrait apporter la chance.

Toucher du bois, ou simplement toucher du bois est un exemple de rituel « apotropaïque » (apo du grec signifiant « loin » et trépan du grec pour « se détourner. ») Un rituel apotropaïque est un rituel conçu pour éloigner le mal ou la malchance de la personne qui effectue le rituel. Les scientifiques qui étudient les origines des superstitions font remonter celle-ci aux païens qui croyaient que les esprits vivaient dans les arbres. Toucher l’arbre ou frapper dessus a alerté les esprits de votre demande d’éloigner la malchance, ou a peut-être servi de distraction pour qu’un esprit ayant l’intention de vous nuire ou de nuire à votre famille oublie ses mauvaises intentions.

Keinan a interrogé des étudiants dans deux conditions différentes. Le premier groupe d’étudiants était très stressé : ils étaient sur le point de passer un examen majeur. Le deuxième groupe d’étudiants a servi de groupe témoin et a été interviewé lors d’une journée régulière de « pas de test ».

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Au cours des entretiens, une série de questions a été posée aux deux groupes d’étudiants. Certaines étaient des questions ciblées, portant sur le cancer dans les familles des étudiants, sur les accidents de voiture graves où un décès aurait pu se produire et sur la santé des étudiants en général. On leur a également posé des questions de remplissage sur leur émission de télévision préférée et les sports qu’ils pratiquaient. Les questions de remplissage étaient là pour garder les étudiants dans l’ignorance du véritable objectif de l’étude, afin qu’ils ne modifient pas leurs réponses aux questions cibles. L’enquêteur a fait très attention à savoir si les élèves touchaient du bois (ou même simplement disaient « toucher du bois » à voix haute). Ensuite, les élèves ont rempli un questionnaire destiné à mesurer leur désir de contrôler les événements du monde qui les entoure.

Résultats de l’étude

Premièrement, la moitié des 108 étudiants de l’étude ont touché du bois et la plupart d’entre eux ont frappé lorsqu’ils ont été interrogés sur le cancer dans leur famille (le cancer est difficile à traiter). Plus les élèves étaient stressés, plus ils étaient susceptibles de toucher du bois et plus le désir de contrôle était élevé, plus l’élève était susceptible de frapper sur la table en bois. En général, plus nous sommes stressés, moins nous avons de contrôle, plus nous sommes susceptibles de nous tourner vers le rituel et la superstition pour compenser.

Howard Brody (2010) a suggéré qu’il pourrait y avoir un lien entre les rituels et l’effet placebo. Les deux s’appuient sur l’attente d’un résultat pour leur efficacité. Plus l’attente de l’efficacité d’un rituel ou d’un « médicament » est forte, meilleur est le résultat. Brody définit les rituels comme toucher du bois comme des actions délibérées et intentionnelles que nous menons pour donner un sens au monde. L’effet placebo est un changement dans notre santé causé par un aspect symbolique ou ritualisé du traitement. Les deux fonctionnent, mais pas pour tout le monde, en raison de nos attentes.

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