Collectionneurs purs contre investisseurs collectionneurs

En 2010, j’ai donné une conférence lors d’une conférence parrainée par Deloitte & Touche à Paris. Le thème de ma présentation était lié à cette question : collectionnez-vous l’art par amour ou par argent ?

L’hypothèse était que certaines personnes collectionnent uniquement parce qu’elles aiment et apprécient l’art qu’elles collectionnent et chérissent. D’un autre côté, il y a des collectionneurs qui ont un tout autre objectif. Plutôt que de se prélasser dans la beauté de ce qu’ils achètent, ils espèrent que leurs objets achetés augmenteront en valeur. L’objectif principal de ceux qui achètent pour de l’argent est de réaliser un profit.

Les deux groupes collectionnent l’art mais pour des raisons très différentes. Cela pose la question. Les personnalités sous-jacentes des deux parties pourraient-elles également différer ?

Jusqu’à récemment, cette question n’avait jamais été traitée de manière adéquate. En 2021, pourtant, trois chercheurs européens ont relevé le défi. Les résultats de leur étude ont commencé à élucider les subtilités des personnalités des collectionneurs. Leur article, « Collectors : Personality Between Consumption and Investment », a été publié dans le Journal de la finance comportementale et expérimentale disponible en ligne depuis le 3 septembre 2021.

Les scientifiques ont étudié trois groupes, des collectionneurs qu’ils appelaient des consommateurs parce qu’ils utilisaient ce qu’ils collectaient ; les collectionneurs dont le but était de constituer une collection (mais n’étaient pas à but lucratif), les purs collectionneurs, et enfin les collectionneurs qui cherchaient à faire un profit financier en investissant dans des objets de collection, les investisseurs. Un groupe de non-collecteurs a également été interrogé à des fins de comparaison, simplement appelé non-collecteurs.

Le questionnaire des cinq grands

Les groupes ont été testés à l’aide du questionnaire Big Five. Ce test mesure la personnalité selon cinq facteurs : ouverture, conscience, extraversion, amabilité et névrosisme, rappelés par l’acronyme « OCEAN ». Ce test est un outil de premier plan utilisé dans la recherche universitaire et est scientifiquement validé.

Les chercheurs ont administré l’enquête à 4042 participants, dont 1601 étaient des collectionneurs. L’échantillon était composé de 418 participants identifiés comme collectionneurs consommateurs, 160 investisseurs et 774 collectionneurs purs.

Les résultats de l’étude

Par rapport aux non-collecteurs, les collectionneurs disposaient de ressources financières plus importantes et d’un niveau d’éducation plus élevé. Ce n’est pas inattendu car la collecte prend du temps et de l’argent, ce que ceux qui ont moins de temps libre et d’argent auraient normalement plus de mal à entreprendre.

Parmi les groupes de collectionneurs, tous les trois ont montré des niveaux élevés d’ouverture, qui sont associés aux intérêts artistiques, à l’imagination et à la curiosité. D’un autre côté, les purs collectionneurs étaient les plus consciencieux, suggérant qu’ils sont responsables, susceptibles d’atteindre leurs objectifs, bien préparés et viser la perfection.

Le groupe d’investisseurs s’éloigne des autres groupes au-delà de l’ouverture. Ils ont montré des niveaux statistiquement inférieurs d’agréabilité et de conscience. Cela suggère qu’ils ont tendance à être compétitifs, impulsifs et ont tendance à être désorganisés. D’autre part, une faible conscience est associée à une plus grande flexibilité et spontanéité.

Le dernier groupe, les consommateurs, était comme les non-collecteurs, le groupe témoin. Pour moi, ce n’était pas une surprise. Les collectionneurs que je connais n’envisageraient jamais d’utiliser leurs précieux objets collectés à des fins d’utilisation. Au lieu de cela, nos trésors sont censés être sur une étagère et admirés. Ainsi, je n’appellerais pas du tout le groupe de consommateurs collectionneurs. Leur profil Big Five était comme celui du groupe de non-collectionneurs, ce qui est cohérent avec ma conception personnelle des collectionneurs et des non-collectionneurs basée sur mes trente années d’expérience en tant que collectionneur.

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En résumé

L’importance de cette étude est que les chercheurs commencent à démêler les personnalités des collectionneurs. Cette zone auparavant opaque permet enfin aux scintillements de la lumière de la pénétrer. Cette connaissance ne peut être que positive car elle aidera les collectionneurs à mieux se comprendre.