La pandémie COVID-19 et le problème d’être normal

En cette période de pandémie, un phénomène est assez courant dans le monde: les gens font preuve d’un manque de respect envers les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour éviter la propagation du nouveau coronavirus. Il est possible de voir des gens se rassembler ou refuser de porter des masques pour se protéger et protéger les autres. Il est difficile de définir une raison spécifique pour laquelle les gens se comportent de cette manière, mais il est peut-être possible de relier cela à deux concepts proposés dans les années 1970 et 1980: la normose et la normopathie.

Normose et normopathie sont des noms différents pour presque le même phénomène: il y a de très petites différences. Les noms ont été proposés par différents auteurs. Alors que le terme normose a été proposé par le psychologue et anthropologue brésilien Roberto Crema, en collaboration avec les psychologues français Jean-Ives Leloup et Pierre Weil, dans les années 1980 (Weil, Leloup, & Crema, 2017), la normopathie a été proposée par la Nouvelle-Zélande et la psychanalyste française Joyce McDougall dans les années 1970 (Castelloe, 2018). En termes généraux, la normose et la normopathie décrivent une obsession d’être normal. Plus précisément, et démontrant les petites différences citées ci-dessus, alors que la normose fait référence à une impulsion à suivre un type de comportement considéré comme normal mais qui peut faire souffrir d’autres personnes, la normopathie représente le désir d’être normal pour rester dans un groupe, au détriment de l’individualité de soi (McDougall, 2013).

Dans l’histoire, il est possible de trouver des exemples de normose, comme l’esclavage considéré comme normal dans certains pays et à certaines époques, ou les combats à mort entre gladiateurs pour amuser une foule dans l’Antiquité. Ces activités étaient considérées comme normales à leur époque, même si elles causaient douleur, souffrance et mort à certaines personnes. Autrement dit, même s’il s’agissait d’un comportement malsain, les gens se livraient à ces activités simplement parce que les activités étaient acceptées dans leur contexte culturel. De la même manière, la normose peut être identifiée dans certains comportements observés en ces temps de pandémie dans lesquels nous vivons.

Depuis mars 2020, lorsque l’OMS a déclaré que l’épidémie de COVID-19 (causée par le nouveau coronavirus SARS-CoV-2) était une menace mondiale grave, diverses actions visant à réduire la contagion, telles que la distanciation sociale et l’utilisation de masques, ont été nécessaires dans divers pays conformément aux recommandations de l’OMS. Ces mesures sont très importantes pour protéger les personnes (principalement celles des groupes à risque) de la contagion et pour empêcher l’effondrement des systèmes de santé qui pourraient ne pas être en mesure de faire face au nombre de personnes malades. Cependant, on peut voir que de nombreuses personnes dans le monde refusent de suivre les recommandations de l’OMS pour faire des choses telles que l’utilisation d’un masque (McKelvey, 2020) et éviter la surpopulation (Renner, 2020). Parmi ces personnes, il est courant de justifier le maintien de leur comportement malsain par le fait qu’il a toujours été normal, ce que «tout le monde fait», bien que cette justification soit fallacieuse et perpétue une société pleine de normose.

Dans ce contexte, il est possible de relier normose et normopathie. La normose est le sentiment qui conduit les gens à maintenir un certain comportement parce que «c’est normal» et «tout le monde le fait», même si ce comportement cause de la souffrance chez les autres. La normopathie est la contrainte de maintenir ce comportement malsain afin d’être accepté dans le groupe social. En d’autres termes, les gens peuvent être amenés à enfreindre les recommandations de l’OMS par un sentiment normopathique, influencé par d’autres personnes. Dans ce cas, le comportement malsain résulte du désir d’être accepté parmi un groupe de personnes qui n’ont pas peur du COVID-19 ou qui sont guidées par des pensées idéologiques qui nient la gravité de la pandémie.

En conséquence, la normose et la normopathie peuvent créer une atmosphère déchirante parmi les personnes qui respectent les recommandations de l’OMS, leur donnant le sentiment qu’elles ont peut-être tort. Le résultat est que, lorsque plus de personnes vont à l’encontre des recommandations visant à empêcher la diffusion du virus, poussées par le désir de continuer à être normal, d’autres personnes peuvent être influencées de la même manière. Compte tenu de cela, il est important de souligner qu’il est très important de continuer à pratiquer la distanciation sociale et à utiliser un masque pour éviter de propager le nouveau coronavirus et pour vous protéger et protéger les personnes qui vous entourent. De plus, cela incite d’autres personnes à poursuivre les mesures de protection contre la propagation du COVID-19.