La transition de l’adolescence à l’âge adulte

La transition vers l’âge adulte est critique mais souvent mal comprise. Étant donné que les changements sociétaux et économiques ont créé de nouvelles exigences et de nouveaux défis pour les jeunes, en particulier ceux âgés de 18 à 25 ans, nous reconnaissons maintenant l’émergence de l’âge adulte comme une période distincte distincte de l’adolescence et du jeune âge adulte (Arnett, 2004). Au cours de cette période, les adultes émergents font l’expérience de nouveaux rôles dans la vie.

Les recherches d’Arnett (2004) et d’autres (Kroger, Martinussen et Marcia, 2010) ont montré que le temps nécessaire aux jeunes pour créer une identité personnelle a augmenté jusqu’au milieu ou à la fin de la vingtaine. L’émergence de l’âge adulte dans la culture occidentale est encore une période d’identités changeantes. Il existe un risque continu d’expérimentation de comportements malsains, posant peut-être un risque encore plus grand pour les jeunes dans cette étape de l’âge adulte émergente. Ils ne sont plus mineurs et sont confrontés à deux défis supplémentaires dans la vie : des responsabilités d’adulte accrues et une diminution du soutien familial.

Autonomie : Composantes émotionnelles et comportementales

L’acquisition de l’autonomie est un élément central du cheminement vers l’âge adulte (Rice et Dolgin, 2008). Au cours de cette période, les jeunes établissent leur unicité par rapport aux autres, et de nouveaux intérêts, valeurs, objectifs et visions du monde divergents de ceux de leurs proches peuvent émerger (Rice & Dolgin, 2008). En tant que processus développemental normal, l’autonomie a été décrite comme ayant deux composantes : émotionnelle et comportementale.

L’autonomie émotionnelle fait référence au fait de se libérer de la dépendance émotionnelle enfantine envers les adultes (Rice & Dolgin, 2008). Les parents peuvent soit favoriser une dépendance excessive à l’égard du jeune en développement, soit fournir au contraire un manque d’orientation et de soutien. De toute évidence, un équilibre des deux est le plan d’action le plus préféré (Rice & Dolgin, 2008). L’autonomie comportementale fait référence au fait que les jeunes apprennent à devenir plus compétents dans leur propre comportement autonome et suffisamment indépendants pour prendre des décisions de leur propre chef (Holmbeck et al., 2006; Rice et Dolgin, 2008). Les jeunes sont confrontés à l’ultime énigme du développement : d’une part, ils sont confrontés à la tâche d’explorer des comportements et des rôles alternatifs qui ressemblent à des décisions d’adultes, et d’autre part, ils assument le rôle nouveau, mais intimidant, de ne plus être confiné par les réglementations parentales et sociétales autrefois perçues.

Du début de la puberté jusqu’à l’âge de 25 ans, le cerveau de l’adolescent subit de profonds changements de structure et de fonction (Wetherill & Tapert, 2013). Les progrès des neurosciences du développement et de la neuroimagerie montrent que les régions du cerveau se développent à des rythmes différents, de la naissance à l’âge adulte émergent (Mills, Goddings, Clasen, Giedd et Blakemore, 2014). Reconnaître combien de comportements adolescents peuvent être attribués à un décalage de développement entre les déséquilibres structurels/fonctionnels dans certaines régions du cerveau est une clé de l’esprit MI. Des recherches récentes sur deux régions cérébrales clés ont montré comment les changements structurels affectent les résultats comportementaux fonctionnels chez les jeunes (Feldstein Ewing, Tapert et Molina, 2016; Luciana et Feldstein Ewing, 2015). Plus précisément, des preuves émergent sur la façon dont les régions limbiques sont associées à la récompense et à la régulation émotionnelle, et comment des régions telles que le cortex préfrontal sont associées au contrôle cognitif. D’autres régions du cerveau, associées à l’activation et au traitement de l’information sociale, peuvent en fait améliorer le développement des fonctions exécutives cognitives des adolescents, par rapport à d’autres périodes de développement (Steinberg, 2008). Par exemple, alors que les comportements impulsifs peuvent être considérés comme un manque de « contrôle cognitif », nous convenons qu’un certain degré de comportement à risque peut être nécessaire et important pour que les jeunes acquièrent les expériences de vie importantes nécessaires pour assumer des rôles d’adultes.

Cette période de développement offre des opportunités incroyables. Contrairement aux adultes plus âgés dont le cerveau n’est plus à un stade de développement formatif, les réseaux neuronaux des jeunes sont remodelés à chaque expérience d’apprentissage. Comprendre ces processus peut vous aider à comprendre comment transformer les défis en opportunités de croissance.