Le menu d’une idéologie extrémiste

Nous sommes inondés de rapports faisant état de croyances extrémistes, de groupes extrémistes, d’actes de terrorisme et de menaces de la part de la gauche et de la droite. Les préoccupations concernant l’extrémisme ne se limitent pas aux États-Unis, mais sont également exprimées par la communauté internationale. L’espoir est que les idéaux démocratiques ne souffriront pas aux mains de ceux qui croient que la violence est justifiée contre ceux qui n’ont pas leurs croyances extrêmes.

Mais les définitions de l’extrémisme varient et des arguments s’ensuivent. Existe-t-il un menu d’ingrédients que toutes les idéologies extrémistes partagent ?

Le ragoût toxique des croyances extrémistes

J’y ai beaucoup réfléchi, et voici ma recette du ragoût toxique de croyances extrémistes, qu’elles soient laïques ou religieuses, émanant de l’extrême gauche ou de l’extrême droite. Comme le disait Blaise Pascal, le grand philosophe français du XVIIe siècle, « les extrêmes se rencontrent ».

Premièrement, la croyance extrémiste est maintenant composée de nombreuses déclarations déclaratives différentes, dépourvues de faits, et souvent contradictoires et déroutantes. L’extrémiste sélectionne souvent les idées qui justifient sa volonté d’agresser ceux qui le menacent. D’autres ont appelé ces idéologies « bar à salade », « cafétéria » ou « copier-coller ».

Deuxièmement, les croyances extrémistes sont antidémocratiques avec un petit d. Cela n’a rien à voir avec l’affiliation à un parti, et tout à voir avec des principes démocratiques tels qu’un gouvernement représentatif, des élections libres et équitables, la liberté de la presse et la liberté d’expression. L’extrémiste ne voit pas la nécessité de telles structures politiques et juridiques pour protéger les droits civils de tous les membres de la société.

Troisièmement, les croyances extrémistes soutiennent une hiérarchie de dominance masculine, parfois secrètement et parfois ouvertement. Une telle approbation met l’homme aux commandes, que ce soit dans le monde privé de la famille et du mariage ou dans le domaine public de la vie politique. La domination masculine peut être ancrée dans la structure de la société et difficilement discernable ; d’autre part, cela peut se manifester par une misogynie claire, apparente dans des groupes tels que les Proud Boys et les Incels.

Quatrièmement, les menaces imminentes et existentielles abondent. L’extrémiste croit que son existence – peut-être son mode de vie ou sa survie physique réelle – est menacée, souvent par un groupe étranger ou au moins étranger ; et la menace est imminente, pas demain, ni la semaine prochaine, ni l’année prochaine. Sans cet ingrédient particulier, il n’y a pas d’idéologie extrémiste. On voit parfois dans de telles menaces des théories du complot, et on diagnostique parfois cliniquement un état d’esprit paranoïaque chez un sujet préoccupant.

Cinquièmement, l’extrémiste et ses fidèles fidèles, malgré la vulnérabilité de leur position face à de telles menaces perçues, croient qu’ils sont les élus. Ils ont été sélectionnés en tant que groupe spécial et nourrissent un sentiment de droit qui prétend expliquer en partie la raison de leur persécution, qu’elle soit laïque ou religieuse, historique ou contemporaine. Le djihadisme, ou plus précisément Ben Ladénisme, vient à l’esprit.

Sixièmement, l’idéologie extrémiste détient un secret, et le groupe partage cette connaissance secrète. Une telle connaissance n’est connue que des vrais croyants et n’est souvent pleinement comprise que par un leader autocratique ou autoritaire qui l’interprète à ses disciples. QAnon est l’exemple le plus récent et le plus évident de cet ingrédient.

Septièmement, l’inégalité est un fait immuable. C’est une loi de la nature. Il n’y a pas d’égalité des droits ou de justice pour tous. Souvent, l’inégalité est évidente dans les déclarations concernant la suprématie de la race, de la religion ou du sexe. Les néo-nazis et autres groupes suprémacistes blancs tiennent compte de cet appel.

Huitièmement, l’idéologie extrémiste ne tolère pas les critiques, les remises en question ou les doutes. Il est simple, binaire et absolu, peuplé de « croyances extrêmement surévaluées ». Ceux qui mettent en doute la véracité de l’idéologie extrémiste sont considérés comme des hérétiques, ou dans le pire des cas des apostats, des traîtres à la cause et doivent être punis. L’extrémisme est antithétique à l’éducation, mais le compagnon de l’endoctrinement.

Et neuvièmement, l’état d’esprit militant domine : l’usage de la violence est nécessaire pour prévaloir, et souvent pour purifier, le monde dans lequel vit l’extrémiste. La violence extrémiste que nous observons est offensante, instrumentale et prédatrice. Mais dans l’esprit de l’extrémiste, c’est toujours défensif, une réponse à une menace imminente, et donc justifiée.

Dans le bruit de l’extrémisme, le signal du terrorisme peut surgir ; lorsque l’extrémisme pénètre dans le bâtiment, la violence ciblée attend dans le hall. C’est la menace réelle et continue lorsque la pensée extrémiste fleurit.