Les applications de fitness sont-elles vraiment bonnes pour nous ?

Photo par Andrea Piacquadio de Pexels

Source : Photo d’Andrea Piacquadio de Pexels

Utiliser la technologie numérique pour maximiser la motivation

GK Chesterton a affirmé un jour qu’une personne doit aimer beaucoup une chose si non seulement elle la pratique sans aucun espoir de gloire et d’argent, mais même si elle la pratique sans aucun espoir de bien la faire.

Une telle idée résonne à peine dans notre ère numérique, caractérisée par l’optimisation et le « moi quantifiable ». Nous utilisons la technologie numérique pour nous aider à performer à un niveau élevé – non seulement pendant les heures de travail mais aussi, de plus en plus, pendant nos loisirs.

Même si nous pratiquons le sport et le fitness de manière récréative, des applications comme Strava, Nike+, MyFitnessPal, RunKeeper, et Fitocratie sont là pour mesurer notre performance et nous motiver à faire mieux.

Strava, par exemple, comptait 76 millions d’utilisateurs actifs en mars 2021. Il utilise le GPS pour suivre l’exercice des utilisateurs, comme le cyclisme et la course à pied. Ses fonctionnalités de réseautage social permettent aux utilisateurs de partager les résultats publiquement, y compris les itinéraires, les distances parcourues, la vitesse et la fréquence cardiaque.

Les utilisateurs peuvent se donner des « félicitations » – l’équivalent des « j’aime » de Facebook – pour leurs efforts, et ils peuvent se laisser des commentaires.

Comme beaucoup d’applications similaires, Strava encourage l’utilisation répétée en incorporant ludification. Il s’agit de la création d’expériences de type jeu dans des contextes non ludiques. Par exemple, les utilisateurs peuvent se défier pour courir ou parcourir une certaine distance. Le gagnant reçoit un badge numérique qui s’affiche sur sa page de profil.

Alors que les applications de fitness comme Strava sont célébrés en raison de leur capacité à nous motiver à maintenir un mode de vie physiquement actif, leurs coûts potentiels pour le bien-être psychologique ne sont pas largement connus.

Ce que les récentes recherches psychologiques révèlent

Les recherches psychologiques en cours visent à comprendre certains des risques que ces applications posent pour notre santé mentale. Une étude récente publiée dans la revue Technologies de l’information et personnes examiné les effets positifs et négatifs des fonctionnalités de réseautage social de Strava.

Les chercheurs ont interrogé 272 cyclistes en Irlande qui utilisent l’application, dont dix-neuf pour cent étaient des femmes. En moyenne, les participants ont fait du vélo 7 heures par semaine.

Les participants à l’étude ont été interrogés pour déterminer s’ils voyaient principalement Strava caractéristiques sociales comme procurant des avantages réciproques ou s’ils ont vécu ces caractéristiques principalement comme une source de reconnaissance de la part des autres.

Des avantages réciproques se produisent lorsqu’il y a un gain mutuel pour les donateurs et les bénéficiaires de soutien, comme se donner des « félicitations » les uns aux autres en fonction de leurs efforts de remise en forme.

D’autre part, la reconnaissance implique d’être mesuré en tant qu’individu d’un point de vue externe. Il ne s’agit pas des avantages de donner et de recevoir. La poursuite de la reconnaissance peut être motivée par des facteurs tels que le désir d’être accepté par un groupe et la recherche d’une meilleure estime de soi.

Les chercheurs ont découvert que les participants qui percevaient principalement des avantages réciproques de leur utilisation de Strava étaient plus susceptibles d’avoir une passion harmonieuse ou saine pour l’exercice. Leur exercice faisait partie d’un mode de vie bien équilibré.

D’un autre côté, les participants qui considéraient que leur utilisation de Strava leur procurait principalement une reconnaissance externe étaient plus susceptibles d’avoir une passion obsessionnelle pour l’exercice. Cela a entravé un mode de vie bien équilibré et les a rendus plus susceptibles de subir un épuisement professionnel.

4 signes d’une passion obsessionnelle pour le fitness

Êtes-vous à risque d’une passion obsessionnelle? Un élément clé de cette recherche est que les utilisateurs doivent faire attention à ne pas laisser leurs applications de fitness les conduire à des tendances obsessionnelles malsaines. Voici quatre signes avant-coureurs à considérer :

  1. Votre volonté d’accroître votre estime de vous-même ou votre acceptation sociale vous amène à faire de votre activité physique un élément central de votre identité.
  2. Vous ressentez une compulsion interne à vous engager dans l’activité de remise en forme même lorsque ce n’est pas approprié de le faire, et vous manquez de maîtrise de vous-même.
  3. Votre passion pour le fitness est liée à des émotions négatives, comme la honte.
  4. L’activité domine votre identité d’une manière qui entre en conflit avec d’autres aspects de votre vie.

Être réaliste à propos des applications de fitness

Prendre soin de notre santé physique est un moyen important de rechercher le bien-être et le bonheur dans la vie. Il est naturel pour nous de souhaiter que les technologies numériques telles que les applications de fitness nous aident à modifier nos comportements afin que nous puissions être en meilleure santé et vivre une vie plus satisfaisante.

Mais la réalité est qu’il y a souvent des conséquences indésirables du type de modification du comportement que permet la technologie numérique. Nous devons surtout être à l’affût de l’émergence de schémas obsessionnels. Sinon, nous nous préparons à des vies moins satisfaisantes à long terme.