Les cerveaux des croyants et des non-croyants fonctionnent différemment

La fréquentation des églises a fortement diminué et le nombre de personnes qui expriment un intérêt pour la religion diminue. Pourquoi l’athéisme et l’agnosticisme deviennent-ils de plus en plus populaires ? Le cerveau humain s’éloigne-t-il de la religiosité ?

C’est possible, mais il est impossible d’ignorer le fait que les croyances religieuses ont été une caractéristique durable des cultures du monde. Les anthropologues estiment qu’au moins 18 000 dieux, déesses et divers animaux ou objets différents ont été vénérés par les humains depuis l’apparition de notre espèce. L’évolution a clairement sélectionné un cerveau capable d’accepter un monde logiquement absurde de causes et d’êtres surnaturels. La spiritualité a dû autrefois offrir quelque chose de tangible qui améliorait la survie. Quelque chose a clairement changé au cours des dernières décennies qui sous-tend l’augmentation des non-croyants religieux.

Une étude récente a examiné quels circuits cérébraux à l’état de repos sont utilisés par les non-croyants religieux, par rapport aux croyants religieux. Des études antérieures ont démontré qu’une analyse de l’état de repos est objective, stable et capable de révéler des différences individuelles dans le fonctionnement du cerveau. Essentiellement, l’analyse fournit une sorte d'”empreinte neurale” dont les régions du cerveau sont impliquées dans le traitement des émotions, des souvenirs et des pensées.

Les croyants (n = 43) se sont identifiés comme chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes ou hindous. Les non-croyants (n=26) se sont identifiés comme athées ou agnostiques. Les croyants et les non-croyants ne différaient pas significativement en ce qui concerne le sexe (seulement un peu plus de femmes), les marqueurs standards d’intelligence, le statut social, une prédisposition à l’anxiété ou l’instabilité émotionnelle.

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Ne pas croire en un Dieu est dû à l’activation de réseaux cérébraux distincts d’ordre supérieur.

Les résultats ont démontré que les croyants religieux sont plus susceptibles d’utiliser un raisonnement plus intuitif et heuristique et que les non-croyants religieux sont plus susceptibles d’utiliser un raisonnement plus délibératif et analytique. Par exemple, les non-croyants sont plus susceptibles de traiter les informations sensorielles, comme quelque chose qu’ils voient, d’une manière plus délibérative qui implique des zones corticales supérieures, appelées traitement descendant, impliquées dans le raisonnement. En revanche, les croyants religieux sont plus susceptibles d’interpréter les informations visuelles d’une manière plus émotionnelle ou intuitive, appelée traitement ascendant, qui implique des systèmes cérébraux plus anciens. Les croyants religieux partagent ce biais de traitement ascendant avec les personnes qui croient en l’activité surnaturelle ou paranormale, comme la télékinésie ou la clairvoyance.

Les auteurs ont noté que bien que les traits neuronaux qu’ils ont identifiés soient considérés comme très stables, il est possible de convertir un croyant en un non-croyant, ou vice versa, via l’utilisation du neurofeedback, de la méditation et d’un entraînement répété.

L’augmentation relativement récente du nombre de non-croyants religieux peut être due à la réponse du cerveau à des changements dramatiques dans notre culture ainsi qu’aux explications scientifiques de phénomènes naturels qui dépendaient autrefois de l’intervention d’êtres mythiques.

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