Les dangers du sous-partage

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Une connexion franche peut nous aider à surmonter les pièges du sous-partage pendant la crise mondiale de la santé mentale d’aujourd’hui.

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Cela ressemble à un million de jours de la pandémie. Les effets sur la santé mentale sont palpables. La dépression et l’anxiété montent en flèche, tandis que l’anxiété sociale et la solitude font des ravages. Les traumatismes prolongés, les pertes et les perturbations à chaque coin de rue appellent de nouvelles stratégies de comportement qui nous aident à rester et à bien faire.

À travers les générations et les cultures, les perceptions de partage excessif ou de révélation de trop d’informations (“TMI”) sont difficiles à démanteler. Les sociétés ont pris du retard dans la compréhension de la condition humaine et ont longtemps évité quiconque ne s’en tenait pas au protocole de ne jamais laisser personne vous voir transpirer. Mais maintenant, nous avons la science cérébrale moderne et des recherches émergentes qui montrent à quel point une connexion franche est bénéfique pour notre bien-être.

Connexion franche est la capacité de se révéler véritablement à travers des comportements de communication qui nous aident à créer des liens de manière significative, allant au-delà de ce qui est superficiel. Cela repose sur la volonté de se sentir plus à l’aise avec l’inconfortable. En valorisant les liens réels, nous nous efforçons de forger des relations où nous pouvons être pleinement nous-mêmes, reconnaissant nos luttes aussi librement que nos succès.

Certains états d’esprit et certains comportements peuvent nous aider à évoluer vers une connexion franche. Nous devons nous dissocier de la pensée obsolète et stigmatisée que nous partageons trop ou que nous fournissons du « TMI », et à la place, accordons une grande importance au fait d’être vu, entendu et pris en charge dans notre forme la plus vraie. Cela peut sembler risqué, mais cela en vaut la peine, pour éviter de tomber dans les pièges du sous-partage :

Piège n°1 : Empêcher nos proches de comprendre qui nous sommes vraiment et ce dont nous avons vraiment besoin.

Lorsque nous sommes dans un état de compromission, nous pouvons devenir cyniques quant à leur capacité à aider, ou ne pas vouloir être un fardeau, alors qu’en réalité ils voudraient savoir comment ils pourraient aider.

Piège n°2 : La spirale dans la solitude, l’isolement et le sentiment que nous sommes les seuls à ressentir des émotions sombres.

Dans les moments de détresse, nous craignons que nous soyons imparfaits et incapables de croissance et de rétablissement. Plus on se cache, plus on en a envie. Plutôt que de tendre la main, nous restons isolés pour éviter d’être vus lorsque nous ne sommes pas dans un endroit idéal, ne faisant rien pour nous aider à nous arracher et à progresser.

Piège n°3 : Lutter pour identifier des solutions à ce contre quoi nous sommes aux prises.

L’anxiété, la dépression, les traumatismes et les réactions au stress peuvent nous faire oublier de voir nos forces, nos ressources et nos solutions à portée de main. C’est ce qui rend nécessaire une connexion franche, afin que nous puissions trouver notre chemin avec des personnes qui l’obtiennent et s’en soucient.

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Piège n°4 : Intérioriser la honte et laisser notre critique intérieure toxique faire son chemin avec nous.

Le sous-partage peut avoir un effet cumulatif, nous laissant vulnérables à un dialogue interne négatif qui nous fait nous sentir gênés, faibles, indignes, peu aimables et inaptes. De nouveaux comportements peuvent nous aider à résister à de tels instincts et à construire un récit plus sain et plus compatissant qui permet des façons plus larges de nous voir dans leur contexte.

Une connexion franche aide à éviter ces pièges, grâce à des comportements de communication stratégiques et intentionnels :

Stratégie n°1 : N’hésitez pas à révéler vos identités variées et à défendre vos besoins.

Dites vos vérités et fixez des limites. Exemple : « Cela signifierait beaucoup si vous compreniez cela à mon sujet » ou « En ce moment, ma bande passante est trop étendue, je ne peux pas m’engager. »

Stratégie n°2 : Considérez-vous comme faisant partie de la condition humaine, pas seulement comme ayant un problème de santé mentale.

Lorsque vous êtes aux prises avec des émotions et des circonstances difficiles, évitez le langage d’auto-accusation et soyez plutôt franc sur ce que vous vivez. Exemple : « Les choses sont vraiment difficiles pour moi en ce moment ; Pourtant, je sais que je ne suis pas seul, imparfait ou démontrant un échec moral. Je suis dépassé, mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas résilient ou que je ne peux pas surmonter avec le bon mélange de soutien et de temps.

Stratégie n°3 : Recherchez des relations de confiance pour partager les problèmes et réfléchir aux possibilités.

Pensez à la thérapie ou à d’autres communicateurs sincères en qui vous pouvez avoir confiance. Cela peut impliquer une délégation lorsque votre assiette est trop pleine ou demander des idées sur la façon d’aborder les défis. Exemple : « Je suis bloqué, pouvez-vous y réfléchir avec moi ? » « Qu’est-ce qui fonctionne pour vous lorsque vous avez été dans cette situation difficile ? » « Pouvez-vous me proposer des commentaires constructifs sur ce qui pourrait m’aider compte tenu de mon état de détresse ? » ou « Quel est le nom de votre thérapeute ? »

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Stratégie n° 4 : Résistez aux instincts primitifs d’auto-sabotage.

Au lieu de cela, travaillez vers une plus grande auto-compassion et décidez d’arrêter devrait et devoir toi-même. Exemple : « Je sais que je ne suis pas le seul à avoir du mal en ce moment. J’ai l’impression de laisser tomber tout le monde, mais c’est bien de prendre du recul et de se regrouper maintenant. »

Le stoïcisme et le fait de nous cacher peuvent nous empêcher de former des liens plus profonds et de générer des expériences de guérison. Une connexion franche nous aide à résister aux pièges du sous-partage, où nous cachons nos véritables identités et émotions dans la peur d’être jugés, rejetés, humiliés ou incompris. Une connexion franche nous aide à devenir plus francs sur qui nous sommes et ce que nous vivons, nous offrant une protection supplémentaire qui peut favoriser le bien-être et générer un élan vers un sentiment d’appartenance et de solidarité humaine accrus.