Parentalité pandémique | La psychologie aujourd’hui

La parentalité pendant la pandémie a été pour le moins difficile. Pourtant, alors que nous approchons d’un an et demi depuis le début de la pandémie, des recherches émergent qui peuvent nous aider à comprendre quelles pratiques parentales pendant la pandémie ont aidé les familles à s’épanouir, même dans ces conditions difficiles.

Une étude récente (qui sera publiée plus tard cette année dans la revue Développement de l’enfant) a constaté que le fait de donner aux enfants plus d’autonomie (c’est-à-dire la liberté de faire leurs propres choix) était associé à une amélioration du bien-être des parents, des enfants et de la famille dans son ensemble pendant la pandémie. Plus précisément, les parents qui ont donné plus d’autonomie à leurs enfants ont déclaré que leurs enfants se débrouillaient mieux sur le plan émotionnel, que leurs propres besoins étaient mieux comblés et que leur famille était plus liée émotionnellement. En particulier, cette étude a révélé que la parentalité impliquant «un choix dans certaines limites» semblait être optimale pendant cette période stressante.

Cette étude a inclus 496 enfants d’âge scolaire (âgés de 6 à 19 ans) en Allemagne de mars à avril 2020. Les parents inclus dans cette étude ont rendu compte de leurs pratiques parentales chaque jour pendant plusieurs semaines.

Il y a tellement de pression sur les parents en ce moment pour qu’ils soient réactifs, engagés et sensibles avec nos enfants, mais cette étude suggère que les parents peuvent avoir besoin de prendre du recul de temps en temps. En d’autres termes, laisser à vos enfants la liberté de faire des choix lorsque cela est possible est susceptible de profiter à la fois aux enfants et aux parents pendant une période de stress.

Beaucoup d’entre nous ont adopté des pratiques parentales pendant la pandémie que nous avons l’intention de conserver même lorsque nous sortons de la pandémie, qu’il s’agisse d’une patience, d’une gratitude ou d’une autonomie accrues. Alors, comment pouvons-nous apprendre de la pandémie et permettre à nos enfants plus d’autonomie à l’avenir ?

  1. Donnez à vos enfants des choix chaque fois que cela est possible (par exemple, « Préférez-vous porter votre pull bleu ou votre pull vert ? » « Voulez-vous des flocons d’avoine ou des œufs pour le petit-déjeuner ?
  2. Permettez à vos enfants de faire des erreurs (par exemple, permettez-leur de comprendre par eux-mêmes que leur tour de blocs a besoin d’une base stable ou elle tombera, ou évitez de rappeler aux enfants plus âgés d’apporter leurs devoirs à l’école). Parlez à vos enfants de l’importance des erreurs pour l’apprentissage (je raconte généralement à mes enfants une histoire à propos d’une fois où j’ai fait une erreur et des conséquences positives qui en ont découlé).
  3. Laissez votre enfant vivre les « conséquences naturelles » de ses choix (par exemple, s’il choisit de ne pas porter de manteau, de lui permettre d’avoir froid, ou s’il ne nettoie pas sa chambre, il aura du mal à trouver des jouets).
  4. Évitez de « réparer » immédiatement tout sentiment négatif. Donnez à vos enfants le temps de traiter leurs sentiments et de résoudre des problèmes avec eux une fois qu’ils sont calmes.
  5. Pendant le jeu, évitez d’instruire, de corriger ou de « questionner » à vos enfants avec des questions, sauf si nécessaire. Évitez de rediriger fréquemment l’attention de votre enfant ou de le rassurer si le jeu ne se déroule pas comme prévu.
  6. Ne « résolvez » pas automatiquement les problèmes de vos enfants (par exemple, écoutez les problèmes de vos enfants et demandez-leur comment ils les régleraient, ou demandez à vos enfants comment ils pourraient se compromettre dans un conflit entre frères et sœurs plutôt que de le résoudre pour eux). Ne vous précipitez pas pour les aider dans une tâche difficile. Au contraire, permettez-leur de lutter et de le découvrir par eux-mêmes dans la mesure du possible !