Une occasion manquée de connexion sociale

Institut national du cancer/Unsplash

Source : Institut national du cancer/Unsplash

Envisagez les scénarios suivants :

Votre amie a perdu son mari à cause du COVID-19 il y a un an. Appelez-vous à l’anniversaire de sa mort?

Votre collègue doit prendre un congé de maladie. Proposez-vous de déposer un repas ?

Vous voyez un étranger pleurer dans les toilettes publiques. Demandez-vous comment vous pouvez aider?

La plupart d’entre nous sommes enclins à fournir un soutien social à ceux qui sont en difficulté. Cependant, de nouvelles recherches montrent que nous supprimons souvent l’envie de tendre la main parce que nous craignons de dire ou de faire la mauvaise chose.

Dans une série d’études qui seront bientôt publiées dans Sciences psychologiques, les participants ont envoyé un e-mail exprimant leur soutien social à une personne qu’ils connaissaient qui traversait une période difficile. Les participants ont ensuite prédit ce que le destinataire ressentirait en recevant l’e-mail.

Les chercheurs ont invité les destinataires à remplir un sondage sur leur expérience de réception d’un courriel de soutien, soulignant que leurs réponses seraient strictement confidentielles. Les bénéficiaires consentants ont indiqué à quel point ils se sentaient mal à l’aise et à quel point ils se sentaient positifs. Ils ont également évalué la chaleur et la compétence de l’e-mail.

Ensuite, les chercheurs ont comparé les résultats prédits aux résultats réels de la réception d’un e-mail de soutien et ont constaté que les prédictions des participants étaient trop pessimistes. Les participants ont surestimé à quel point les destinataires se sentiraient gênés et ils ont sous-estimé à quel point les destinataires se sentiraient positifs. Les participants s’attendaient également à ce que les e-mails communiquent moins de chaleur et semblent moins compétents qu’ils ne le faisaient en réalité. En bref, les préoccupations des participants concernant l’expression de leur soutien étaient exagérées.

Dans une autre étude, les participants ont été invités à exprimer leur soutien social à un étranger lors d’une conversation en personne. Encore une fois, les participants ont sous-estimé les conséquences positives de l’expression de leur soutien.

Le résultat de ces études est cohérent avec d’autres travaux montrant que les gens ont tendance à sous-estimer l’impact positif d’exprimer sa gratitude, de faire des compliments et d’accomplir des actes de gentillesse au hasard.

Pourquoi sous-estimons-nous les avantages de recevoir un soutien social?

Les chercheurs soutiennent que cette tendance peut être due à « un écart de perspective par lequel les exprimants [of support] se concentrent relativement plus sur la compétence que leur soutien peut sembler, tandis que les bénéficiaires se concentrent relativement plus sur la chaleur qu’il transmet.

Cet écart de perspective pourrait amener les gens à manquer des occasions de fournir un soutien social et de renforcer leurs liens avec les autres. Comme le notent les chercheurs, « le refus de soutien en raison de craintes erronées de dire ou de faire la mauvaise chose pourrait rendre les destinataires et les exprimeurs de soutien moins heureux qu’ils ne pourraient l’être ».

Néanmoins, il est important de noter que recevoir un soutien social n’est pas uniformément positif. Des recherches antérieures ont montré que les effets de recevoir un soutien diffèrent selon les individus et les contextes. Si le soutien social ne répond pas aux besoins du bénéficiaire, par exemple, cela peut entraîner des résultats négatifs.

Dans certains cas, demander « Que puis-je faire pour vous soutenir ? » peut être le meilleur moyen de montrer son soutien.

Conclusion

Avoir des relations de soutien est essentiel pour notre santé et notre bien-être. Nous bénéficions non seulement de recevoir un soutien social, mais aussi de le donner. Lorsque nous nous sentons enclins à montrer notre soutien, nous ne devons pas laisser nos peurs nous retenir. Au lieu de cela, nous devrions moins nous concentrer sur notre capacité à exprimer notre soutien et nous rappeler : c’est la pensée qui compte.