Traitements médicamenteux

Si on pense que le TOC est un trouble anxieux, on pourrait penser qu’un traitement anxiolytique  permettrait de le diminuer. Mais ce n’est pas le cas : les médicaments pour lesquels une efficacité à été montrée  appartiennent à la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) qui sont par ailleurs utilisés pour le traitement de la dépression.

Prendre un traitement peut traiter directement le TOC, mais aussi faciliter l’initiation et/ou la poursuite d’une TCC, notamment dans les exercices.

Il est important de noter que, même s’il existe des recommandations générales, le traitement initial et son succès / échec / durée peuvent être différents d’une personne / d’un TOC à l’autre. Il est donc indispensable de suivre les recommandations données par le médecin. Il est déconseillé et dangereux de (re)commencer ou d’arrêter un médicament de sa propre initiative.

 

La sérotonine : la première cible du traitement anti-TOC

La Haute Autorité de Santé (HAS rapport 2005) conseille d’utiliser en premier un antidépresseur sérotoninergique, c’est à dire qui agit sur la sérotonine. La sérotonine est un neurotransmetteur, une petite substance qui intervient dans la communication des neurones entre eux dans le cerveau. Ces médicaments, que l’on appelle inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), vont empêcher que la sérotonine soit re-capturée après avoir été libérée par le neurone, ce qui va augmenter sa disponibilité.

Pour avoir un effet sur le TOC, les ISRS doivent être utilisés à des doses supérieures à celles de la dépression. Il faut aussi savoir être patient : le psychiatre va augmenter progressivement les doses, sur plusieurs semaines. Une fois que l’objectif de dose est atteint, il faut aussi attendre plusieurs semaines avant de pouvoir observer un effet sur le TOC. En moyenne, il faut attendre 6 mois pour avoir un effet optimal sur le TOC, puis consolider cette amélioration pendant 1 an avant d’envisager de diminuer progressivement le traitement. Selon une méta-analyse de la Cochrane de 2008, portant sur 17 études (regroupant 3097 patients), la différence entre le groupe traité par un ISRS et le groupe placebo est de 3.21 points sur la Y-BOCS (cotée de 0 à 40).

 

Les autres traitements anti-TOC

En cas d’échec de 2 à 3 ISRS différents (à des doses et durées suffisantes), deux principales options sont envisagées :

  1. La Clomipramine (Anafranil®), qui appartient à une autre classe d’antidépresseurs (les tricycliques), agit aussi sur la sérotonine. C’est le premier traitement qui a montré une efficacité sur le TOC, dans les années 1990. Par la suite, comme les ISRS se sont montrés aussi efficaces et mieux tolérés, la Clomipramine est devenu un traitement de seconde intention.
  2. Les neuroleptiques, qui agissent sur un autre type de neurotransmetteurs, la dopamine. Seuls, ils ne sont pas efficaces sur le TOC, mais lorsqu’on combine un neuroleptique à petite dose et un antidépresseur, il y a un effet sur le TOC.

Il existe encore bien d’autres médicaments / combinaisons de médicaments disponibles pour traiter le TOC. Ils sont utilisés en cas d’échec des traitements présentés ci-dessus et font appel aux compétences de psychiatres experts dans le soin du TOC.