Comment la psychothérapie centrée sur le transfert traite le trouble borderline

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Je ne pense pas avoir jamais posté sur la TFP (psychothérapie centrée sur le transfert) et le rôle énorme qu’elle a joué dans mon rétablissement. J’avais suivi une TCD intensive (thérapie comportementale dialectique) dans une unité de longue durée pour les patients diagnostiqués avec un trouble borderline de 1990 à 1991. J’y suis resté 10 mois jusqu’à ce que mon assurance soit épuisée. Ensuite, je suis allé à un programme de traitement de jour du TPB basé sur la DBT pendant les 18 mois suivants. De 1992 à 2005, j’étais en thérapie individuelle avec C., ma thérapeute du programme de jour.

Je ne me souviens pas pourquoi, mais en 2005, j’ai arrêté la thérapie avec C. et arrêté tous mes médicaments. Sans surprise, je suis devenu déprimé et suicidaire. J’étais accrochée dans un groupe de femmes et la responsable du groupe m’a référée à un psychiatre pour une consultation sur les médicaments. Je suis allé la voir – ce psychiatre s’est avéré être le Dr Lev, spécialisé dans la TFP – et je suis resté 11 ans.

Dans le livre Une introduction à la psychothérapie centrée sur le transfert pour le patient borderline, les auteurs déclarent : « La TFP vise à modifier la structure sous-jacente de la personnalité ainsi qu’à modifier les comportements. Si le traitement réussit à intégrer les structures internes divisées et fragmentées des patients, les patients peuvent connaître des changements fondamentaux dans la façon dont ils se perçoivent et dans leurs relations avec les autres.

Le Dr Lev m’a fait accepter un contrat. En raison de mes antécédents d’anorexie, si mon poids tombait en dessous d’un certain nombre, j’acceptais de suivre un traitement pour les troubles de l’alimentation. Si je me coupais, même une égratignure, je devais consulter un médecin avant de pouvoir la revoir. Si j’essayais de me suicider, le Dr Lev ferait tout ce qu’elle pouvait pour me sauver, puis elle mettrait fin à notre traitement.

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Une technique dans laquelle le Dr Lev excellait était l’interprétation. Une interprétation qu’elle a faite et qui m’a énormément aidé, c’est quand elle a souligné que j’avais transféré la supériorité que je ressentais en tant qu’anorexique à mon travail où j’effectuais des tâches administratives. L’une de mes tâches consistait à examiner les dossiers de mon collègue pour m’assurer qu’ils étaient complets en vue d’un prochain audit. Le Dr Lev a fait l’interprétation que j’aimais en fait trouver des erreurs et informer mes collègues car cela me faisait me sentir supérieur à eux. En raison de mes propres tendances perfectionnistes (également héritées de l’anorexie), mes propres cartes étaient en excellente forme.

Une fois que j’ai réalisé qu’elle avait raison (comme d’habitude), j’ai d’abord eu honte d’éprouver du plaisir à trouver les erreurs commises par mes collègues. J’ai alors pu tempérer mon enthousiasme et adopter une position plus neutre pendant que j’effectuais ces examens et d’autres tâches administratives.

Vous vous souvenez peut-être du dernier élément du contrat, concernant le suicide. J’ai tenté de me suicider en 2014, mais le Dr Lev a pris la décision de me reprendre. Je ne sais pas exactement quel était son processus de réflexion, mais le travail qu’elle et moi avons fait après cette période a été le plus intense et le plus productif de tout notre temps ensemble. Avec son aide, j’ai pu reconnaître ma colère contre mon père (sa mort en 2013 a été le déclencheur de ma dépression et de ma tentative de suicide), ma colère contre elle et la colère comme un sentiment légitime en général. La colère n’était pas une émotion autorisée dans la maison de mon enfance. J’avais toujours craint que si j’affichais des sentiments de colère envers quelqu’un, il me rejetterait et m’abandonnerait.

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Dans la TFP, quels sont les signes indiquant que le patient est proche de la fin ? Selon Une introduction à la psychothérapie centrée sur le transfert pour le patient borderline, « L’indication la plus importante de la préparation à la résiliation est la preuve d’une intégration intrapsychique qui se maintient sur une période de temps. On en voit souvent la preuve autour des séparations.

Au début du traitement, lorsque le Dr Lev est parti en vacances, j’ai eu des moments difficiles et j’avais souvent besoin de voir le psychiatre qui la remplaçait. Elle allait généralement en Europe pendant 3 semaines à la fois et elle me manquait terriblement. Je craignais qu’elle ne décide de ne pas retourner aux États-Unis.

Au moment où j’étais sur le point de mettre fin à mes études, je considérais les vacances du Dr Lev comme une pause, à la fois en raison de l’intensité du traitement et comme une pause financière.

À la fin de 2015, j’ai dit au Dr Lev que je voulais passer l’année suivante à mettre fin à la thérapie. Je n’aurais jamais pensé m’entendre dire ça. Je croyais que je ferais partie de ces gens qui passeraient leur vie à payer quelqu’un pour les écouter une fois par semaine. TFP et mon travail avec le Dr Lev m’ont sauvé la vie et m’ont donné une vie digne d’être vécue.

© Andrea Rosenhaft

Source : © Andrea Rosenhaft

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