Devenir un soignant expert

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Perfectionner votre métier.

Source : Shayne Inc Photographie/Unsplash

Imaginez que vous vous occupez d’une personne atteinte de tétraplégie et qui ne peut pas s’extirper de son lit. Il dépend de ses soins à tous égards.

Compte tenu de son infirmité et de sa fragilité, il a développé des ulcères cutanés dans toutes ses parties qui s’enfoncent dans le matelas.

Il a une sœur qui lui apporte de la nourriture quelques fois par semaine, mais c’est tout ce qu’il autorise. Malgré votre compassion et votre désir d’améliorer sa vie en essayant d’organiser plus d’aide pour la livraison de nourriture, le soin des plaies, un meilleur lit, un meilleur matelas, plus de soutien aux soignants pour le bain, l’hygiène et l’alimentation, il vous rappelle qu’il ne veut rien de tout cela. Il contrecarre vos bonnes intentions en vous écartant avec désintérêt. Il vous fait signe qu’il ne veut rien de ce que vous êtes venu lui apporter. Essentiellement, il communique qu’il ne veut aucune de votre expertise.

Kelley Neufeld, LCSW, a expliqué: «Je voulais mieux pour lui. Cela m’a frappé comme une vie terriblement solitaire; il ne pouvait pas changer de chaîne à la télévision, il ne pouvait pas caresser le chat qu’il aimait et il ne pouvait même pas appeler à l’aide. Il s’en fichait. Il attendait juste de mourir. Bien qu’ils aient plaidé pour de meilleurs soins, cela n’avait pas d’importance. Il a résisté à toutes les tentatives d’améliorer ses conditions de vie ».

Sinon, prenez, par exemple, une personne dont vous vous occupez qui veut souffrir et être à l’agonie, car elle croit que la souffrance la rapprochera de Dieu. La souffrance lui permet de renforcer son lien/sa relation avec Jésus d’une manière qu’être en bonne santé ne peut pas.

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Selon elle, la souffrance permet une communion plus profonde avec Dieu et lui permettra de surmonter sa nature humaine et d’accepter la grâce de Dieu. Ainsi, elle choisit de ne pas accepter votre offre d’analgésique bien qu’elle ait une douleur intense liée au cancer.

Peut-être pouvons-nous appeler cela la tyrannie du bon soignant. C’est un phénomène réel observé lorsque les soignants croient en savoir plus que leurs clients. Car qu’est-ce que l’expertise sinon la connaissance acquise par l’apprentissage et l’expérience vécue au prix de la sueur et, parfois, des larmes. Notre expertise a été acquise par le sacrifice.

Nous avons acquis notre expertise et nous voulons la mettre à profit. Nous voulons être au service de l’autre ; nous voulons pallier la souffrance, et c’est ce qui la rend parfois si frustrante que nous devons mettre de côté notre expertise pour en apprendre les subtilités. Pour apprendre ce qu’il ne faut pas faire pour se tromper de soignant. Et il faut de l’humilité pour le faire.

La première fois, cela peut ressembler à une gifle, un coup de poing au foie, quand quelqu’un ne veut pas ce que nous avons à donner. Cela peut sembler insultant, humiliant ou même un rejet de soi. Mais c’est le plus éloigné de la vérité. L’expertise vous a mené jusqu’ici, mais maintenant vous devez apprendre autre chose.

Vous devez apprendre à ne pas être un expert dans cette relation. Vous devez apprendre à abandonner vos compétences et vous asseoir, écouter et apprendre. Quelle est la leçon? La leçon est ce que la personne dont vous vous occupez vous enseigne. Écoute le. Vous ne pouvez pas entendre si vous êtes toujours l’expert, et vous devez donc abandonner ce rôle pour un moment.

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Posez-le doucement, ne soyez pas brutal avec lui car cette expertise est précieuse, mais pour ce moment, posez-le doucement de côté et permettez-vous de grandir dans le champ fertile alimenté par les riches nutriments du sol que vous avez aidé à plante. Recevez votre leçon d’humilité et continuez. Vous vous en porterez mieux.

Alors, pourquoi devrait-on se méfier de l’expertise, surtout lorsqu’on est au service des autres ? Nous utilisons nos capacités en tant que soignants pour fournir ce que nous considérons comme des soins exemplaires. Mais que se passe-t-il lorsque ce que nous pensons savoir entrave une prestation de soins efficace ?

Ces moments où nous voulons fournir des soins de la manière dont nous pensons qu’ils devraient être fournis, mais qui vont à l’encontre de la façon dont la personne dont vous vous occupez le souhaite. Essentiellement, c’est dans ces moments où la prestation de soins va à l’encontre de la préservation de la relation fondée sur l’agence, l’autonomie et le droit à l’autodétermination.

La prestation de soins est une collaboration. Parfois, l’expertise est nécessaire, et à d’autres moments, l’écoute, juste une écoute authentique et non le faire, est ce qui compte le plus. En savoir plus sur la personne dont vous vous occupez. Il n’y a pas de personne standardisée. Si c’était si simple, la prestation de soins se ferait sans effort, mais comme vous le savez, être soignant est l’une des professions les plus difficiles.

Lectures essentielles sur la prestation de soins

Devenir compétent dans une compétence implique d’être perpétuellement vigilant à un paysage en constante évolution des connaissances acquises par l’expérience et de s’adapter à ce paysage d’une manière qui change votre niveau de compétence perçu. La spirale de la croissance continue permet de continuer à s’améliorer en ce qui concerne l’obligation constante de reformuler ce que l’on pensait auparavant savoir être correct.

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Ainsi, devenir un expert est un paradoxe constant d’avoir à être compétent dans votre métier en même temps et en même temps de ne pas s’accrocher à la validité de l’ensemble de compétences actuel comme sa version finale. En d’autres termes; on doit porter ses pensées de ce qu’ils savent à la légère. Il faut avoir le courage de renoncer à l’expertise pour la nouvelle compétence naissante de l’intégration de nouvelles compétences.

C’est extrêmement gratifiant étant donné le lien avec un autre être humain de se donner à celui qui a besoin de nos soins, surtout en période de grand besoin. Pour devenir un grand soignant, il faut permettre à un jeu, une danse entre notre savoir-faire perçu et notre rôle d’apprenti, de nous porter vers l’avant. Ce n’est que dans cette contradiction qu’un soignant s’épanouit dans sa véritable vocation, un soignant expert.