La pratique qui atténue la solitude

De nombreuses personnes ont lutté contre un sentiment de solitude pendant la pandémie de COVID-19. Fin 2020, après des mois de distanciation sociale, 36 % des adultes américains ont déclaré avoir ressenti une « grave solitude ». Bien sûr, la solitude était un problème de santé publique important avant même que le COVID ne frappe : une étude de 2018 a révélé que 22 % des adultes ont déclaré qu’ils se sentaient souvent ou toujours seuls.

Heureusement, la recherche montre qu’il existe un moyen simple de se sentir moins seul, même pendant une pandémie.

La clé est d’arrêter résister solitude. La solitude est un sentiment misérable, mais c’est aussi un sentiment d’adaptation. La solitude est la façon dont le cerveau nous dit que nos besoins sociaux fondamentaux ne sont pas satisfaits. Tout comme la faim nous pousse à trouver de la nourriture, la solitude nous pousse à rechercher des liens sociaux. De cette façon, la solitude est très utile. Pourtant, beaucoup d’entre nous résistent à la solitude lorsqu’elle survient. Nous essayons de lutter contre – ou de supprimer – ces sentiments, et cette résistance peut aggraver notre sentiment d’isolement. Comme le dit le proverbe, ce à quoi vous résistez persiste.

Alors, comment, exactement, arrêtons-nous de résister ?

Pratiquer l’acceptation consciente

La recherche montre que la pratique de la pleine conscience peut aider à atténuer les sentiments négatifs, y compris la solitude. (C’est peut-être la raison pour laquelle des millions de personnes utilisent des applications de pleine conscience sur smartphone comme Calm et Headspace.) Cependant, une étude récente suggère que les applications de pleine conscience ne fonctionneront pas s’il leur manque un ingrédient crucial.

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Dans cette étude, Emily Lindsay de l’Université de Pittsburgh et ses collègues ont noté que les pratiques de pleine conscience impliquent généralement deux composants : la surveillance et l’acceptation. La surveillance implique de prêter attention aux pensées, aux sentiments et aux sensations que nous vivons dans le moment présent. L’acceptation implique d’accueillir ces expériences avec une attitude de non-jugement, d’ouverture et de réceptivité. En d’autres termes, l’acceptation implique une volonté de rester présent avec nos expériences sans essayer de les changer.

Lindsay et ses collègues ont voulu savoir si l’acceptation est un mécanisme clé de la pleine conscience. Ils ont assigné au hasard des participants pour suivre l’un des trois programmes de formation sur smartphone : un programme traditionnel de pleine conscience qui enseignait les compétences de surveillance et d’acceptation ; un programme modifié qui ne couvrait que les compétences de surveillance; et un programme de contrôle dans lequel les participants ont acquis des compétences en résolution de problèmes (sans contenu de pleine conscience). Les participants ont été invités à pratiquer leurs nouvelles compétences quotidiennement tout au long du programme de deux semaines.

Pendant trois jours avant et après le programme de formation, les participants ont enregistré leurs sentiments de solitude et le nombre d’interactions sociales qu’ils ont eues. Les résultats ont montré que les participants formés aux compétences de suivi et d’acceptation étaient moins seuls et plus engagés socialement après le programme, mais les participants aux deux autres programmes n’ont pas changé.

Ces résultats confirment ce que les chercheurs avaient prédit : prêter attention à notre expérience du moment présent ne suffit pas à réduire la souffrance. Nous devons apprendre à accueillir ces expériences avec une attitude d’acceptation, même lorsqu’elles sont désagréables.

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Il est donc essentiel de pratiquer l’acceptation consciente.

Comment l’acceptation consciente atténue-t-elle la solitude ?

En tant qu’espèce sociale, nous avons été façonnés par l’évolution pour considérer l’isolement social comme une menace à la survie. En conséquence, lorsque nous nous sentons isolés (c’est-à-dire solitaires), notre cerveau se met en mode d’auto-préservation, ce qui nous rend hypervigilants face aux menaces sociales. Nous devenons méfiants envers les autres et anxieux dans les situations sociales, souvent sans nous en rendre compte consciemment. Cela peut rendre l’interaction sociale plus difficile, perpétuant ainsi un cycle de solitude.

Lindsay et ses collègues pensent que l’acceptation réduit notre perception de la menace sociale, ce qui permet à notre sentiment de solitude de se dissiper et nous rend plus ouverts au lien social.

Alors la prochaine fois que vous vous sentirez seul, asseyez-vous avec l’inconfort. Détendez votre corps et laissez la sensation vous traverser. Vous pourriez vous dire : « Je me sens seul, et ce n’est pas grave. Je peux le sentir sans le repousser. Ou, comme le recommandait le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, dites : « Ma chère solitude, je sais que tu es là. J’espère prendre soin de toi.

Vous pouvez développer la capacité d’acceptation grâce à une pratique de pleine conscience comme la méditation. (Essayez cette méditation de l’enseignante renommée Sharon Salzberg.)

Gardez à l’esprit que l’acceptation est une compétence et qu’il faut du temps pour la développer. Les participants à la recherche de Lindsay ont constaté des avantages après avoir pratiqué quotidiennement pendant deux semaines. De plus, accepter vos sentiments de solitude ne signifie pas que vous devez accepter le conditions qui contribuent à votre solitude. Si vous voulez plus (ou plus de sens) de connexion sociale dans votre vie, prenez des mesures pour y arriver. Accordez-vous simplement à vous-même avant de tendre la main.

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