Pourquoi certaines personnes aiment regarder des vidéos Pimple Popping

L’une des tendances Internet récentes les plus controversées consiste à regarder des vidéos dites «popping». Dans ces clips vidéo, le traitement de diverses impuretés cutanées telles que les boutons, les points blancs, les points noirs et les kystes est présenté en détail. Alors que de nombreuses personnes réagissent avec dégoût à ces vidéos, certaines d’entre elles ont été vues plus de 10 millions de fois. Étonnamment, de nombreux téléspectateurs laissent également des commentaires positifs sur ces vidéos, par exemple à quel point il était satisfaisant de les regarder. Pourquoi certaines personnes aiment regarder des choses clairement dégoûtantes est un phénomène psychologique qui n’est pas bien compris.

Une nouvelle étude neuroscientifique s’est concentrée sur l’étude de ce qui se passe dans le cerveau pendant que les gens regardent des vidéos éclatantes de boutons essayant maintenant d’éclairer cette observation déroutante. L’étude, qui vient d’être publiée dans la revue scientifique Behavioral Brain Research (Wabnegger et al., 2021), a utilisé une technique neuroscientifique appelée IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle). Les cerveaux de 80 femmes ont été scannés à l’aide d’un scanner IRM tandis que les femmes ont regardé trois types de vidéos différentes: des vidéos d’éclatement de boutons, des vidéos de fontaines à eau et des vidéos de nettoyage à la vapeur. Surtout, il y avait deux groupes de participants: les femmes qui aimaient regarder des vidéos de popping et les femmes qui n’aimaient pas les vidéos de popping. En plus de regarder les vidéos dans le scanner IRM, les participants ont également rempli des questionnaires concernant leurs émotions en général et leurs sentiments à propos des vidéos d’éclatement de boutons en particulier.

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Les données du questionnaire ont révélé que les femmes qui aimaient regarder des vidéos d’éclatement de boutons étaient moins facilement dégoûtées que l’autre groupe. L’analyse des données de neuroimagerie a révélé que les femmes qui aimaient regarder des vidéos d’éclatement de boutons présentaient une activation cérébrale accrue dans la zone dite du cortex frontopolaire du cerveau tout en regardant des vidéos d’éclatement de boutons par rapport à l’autre groupe. Cette zone cérébrale est impliquée dans le codage des intentions d’action et la prédiction des résultats des décisions motrices. Les scientifiques suggèrent qu’il est très pertinent de regarder des vidéos de popping car ces vidéos commencent par un bouton non traité. Les gens qui regardent ces vidéos s’attendent au moment où une pression est appliquée sur le bouton pour qu’il s’ouvre et se vide. Contrairement au groupe qui aimait regarder des vidéos d’éclatement de boutons, le groupe qui était dégoûté par cette vidéo a montré une désactivation du noyau accumbens. Cette zone cérébrale est impliquée dans l’expérience du plaisir, mais aussi pour éviter les événements non agréables. La désactivation de cette zone cérébrale a souvent été associée à une réaction de dégoût. Ainsi, il semble y avoir une réaction de dégoût plus forte dans ce groupe que chez les femmes qui ont réellement aimé regarder les vidéos.

Sur la base de leurs découvertes, les scientifiques ont suggéré deux mécanismes différents pour lesquels certaines personnes aiment regarder des vidéos de boutons alors que d’autres trouvent cela dégoûtant:

1. Différences dans la capacité à réguler le dégoût: le dégoût est une émotion qui nous aide à rester à l’écart des choses qui présentent un danger pour notre santé car elles pourraient entraîner un empoisonnement (comme la nourriture pourrie) ou une infection (comme une blessure purulente) . Bien qu’une vidéo qui éclate des boutons soit dégoûtante, elle ne constitue pas une menace réelle pour la santé des personnes qui la regardent, tout comme quelqu’un qui regarde un film d’horreur ne risque pas d’être assassiné. Les gens qui aiment regarder des vidéos qui font éclater des boutons semblent avoir une meilleure capacité à ajuster leur réaction de dégoût lorsqu’ils regardent une vidéo (réellement inoffensive) que ceux qui en sont dégoûtés. Cela pourrait être similaire à l’observation selon laquelle certaines personnes aiment regarder des films d’horreur brutaux tandis que d’autres ressentent une forte réaction d’anxiété à partir de ces films.

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2. Grande curiosité pour le contenu négatif: Des études antérieures ont montré que regarder du contenu négatif peut activer le système de récompense du cerveau chez certaines personnes, dans le sens d’une «curiosité morbide». Les personnes qui aiment regarder des vidéos éclatantes de boutons peuvent montrer une curiosité morbide plus forte que les autres.