Résultats révolutionnaires de la réunion de la Vision Sciences Society

La Vision Sciences Society (VSS) a récemment tenu sa réunion annuelle à St. Pete Beach, en Floride, où des centaines de scientifiques de la vision ont présenté leurs recherches de pointe sur le système visuel humain.

Étant la première réunion en personne depuis 2019, la réunion de cette année a été particulièrement excitante, offrant aux chercheurs de toutes les étapes de leur carrière la possibilité d’interagir et d’échanger des idées.

Bien qu’il soit difficile de saisir l’étendue et l’innovation de la recherche présentée, j’aimerais souligner deux présentations qui m’ont vraiment surpris. Le premier traite de la façon dont nous percevons transparence dans les surfaces en mouvement ; le second fait état d’une relation intrigante entre la marche et la performance perceptive.

La transparence des objets en mouvement est basée sur le destin commun.

Une nouvelle série d’études de Zhehao Huang et Qasim Zaidi étudie comment le système visuel détermine si une surface est opaque ou transparente. Cette distinction peut sembler simple au premier abord, mais les calculs perceptuels nécessaires pour distinguer les surfaces transparentes des surfaces opaques ne sont toujours pas bien compris. Des recherches antérieures ont mis en évidence l’importance des “jonctions en T” et des “jonctions en X” pour juger de la transparence.

Nicolas Davidenko

Le carré plus clair apparaît transparent en fonction de l’ombrage et des intersections.

Source : Nicolas Davidenko

Par exemple, dans la figure de gauche, le carré gris clair est perçu comme transparent car le carré gris du milieu révèle l’ombrage et les intersections corrects ; il semble que le carré plus clair révèle une partie du carré gris plus foncé en dessous.

La deuxième figure montre la même image, sauf que la couleur d’arrière-plan générale a été modifiée en noir. Cette modification apparemment non pertinente change complètement notre perception de la transparence, le carré gris plus foncé apparaissant maintenant transparent, révélant une partie du carré gris plus clair en dessous.

Dans les deux figures, on pense que l’ombrage particulier, les jonctions et les intersections contribuent à notre perception de la transparence.

Cependant, la nouvelle recherche présentée par Huang et Zaidi (publiée dans le numéro de ce mois-ci de Journal de la vision) révèle un facteur beaucoup plus important : le destin commun, l’idée que les choses qui bougent ensemble vont ensemble. Dans une démonstration vidéo saisissante (présentée à la figure 9 de leur article), les auteurs montrent que tant que les éléments d’une surface se déplacent dans le bon sens, la surface sera perçue comme transparente, même si les jonctions en T et les jonctions en X ne correspondent pas. Vous pouvez regarder la démonstration vidéo de cinq secondes ici.

Notez que ni la couleur, ni la courbure, ni les jonctions en T ou en X des formes ne correspondent entre la surface d’arrière-plan et le cercle en mouvement, mais le cercle en mouvement est vu comme transparent !

Marcher et percevoir en même temps.

Lors de la session de discussion sur la perception et l’action, des chercheurs de l’Université de Sydney ont utilisé la réalité virtuelle pour mesurer comment le simple fait de marcher peut affecter les performances des tâches visuelles. Les participants portaient un casque de réalité virtuelle monté sur la tête et marchaient dans un couloir virtuel tout en accomplissant simultanément l’une des deux tâches perceptives.

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La première tâche consistait à suivre une cible mobile virtuelle avec leur main pendant qu’ils marchaient. Dans la deuxième tâche, les participants devaient surveiller quand un motif visuel présenté devant eux augmentait en contraste, tout en marchant le long du couloir virtuel.

Matt Davidson et ses co-auteurs se sont intéressés à savoir si la performance dans ces tâches changeait systématiquement en fonction du cycle de marche. En particulier, l’aksed : la performance est-elle supérieure ou inférieure à différents moments du cycle de marche ?

Nicolas Davidenko

La perception visuelle change-t-elle lorsque nous marchons ?

Source : Nicolas Davidenko

En analysant les performances dans de nombreux essais, chacun se produisant à des phases légèrement différentes du cycle de marche des participants, les chercheurs ont trouvé une relation claire : les performances sur les tâches étaient systématiquement inférieures au moment où le pied du marcheur touchait le sol par rapport aux autres phases du cycle de marche des participants. cycle de marche.

Bien que les raisons à cela ne soient pas encore claires – cela pourrait être dû à une légère instabilité visuelle créée par chaque pas, ou cela pourrait être dû à une augmentation de la concentration pendant la phase de glisse du cycle de marche – elles démontrent que nos actions quotidiennes, telles que comme la marche, peuvent avoir une influence directe sur nos processus perceptifs.

La recherche met également en évidence les avantages de l’utilisation de la réalité virtuelle dans la recherche, permettant aux chercheurs d’étudier les comportements perceptifs qui imitent les phénomènes quotidiens avec le contrôle précis offert par la technologie de réalité virtuelle.

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La Vision Sciences Society est une organisation à but non lucratif composée de scientifiques intéressés par les aspects fonctionnels de la vision. Vous pouvez en savoir plus sur la société et l’assemblée annuelle ici.