Rupture et beauté : ce que l’art du Kintsugi peut nous apprendre

L’image m’a pris par surprise. Contrairement à la plupart des images qui se dissolvent rapidement dans l’impression sensorielle suivante, celle-ci continuait de résonner à l’intérieur. Qu’est-ce qui a tant captivé mon attention ?

L’image était celle d’un vase. Réalisé en poterie, le vase avait été cuit dans un beau vert céladon. Il mesurait environ 12 pouces de hauteur avec de belles lignes gracieuses. Ensuite, si vous regardiez de près, vous pouviez voir un motif aléatoire de minuscules fissures, sillonnant la surface du vert tendre. De toute évidence, le vase avait été brisé et minutieusement réparé.

J’ai vite appris qu’il s’agit d’un processus ancien connu sous le nom de Kintsugi, l’art japonais de réparer la poterie cassée. Plutôt que de jeter la poterie cassée, les pièces cassées sont assemblées et soigneusement reconstruites avec un composé spécial infusé d’or. Or! Je pouvais voir comment le motif de minuscules lignes dorées ajoutait à la beauté du vase.

Pour moi, la métaphore de la rupture et de la beauté a pris une vie propre. Qu’en est-il de nos sentiments de brisement ? Ces moments vont et viennent, animés par un éventail d’émotions – tristesse, colère, impuissance, peur, désespoir – quoi que ce soit pour vous. Outre notre spectre personnel de sentiments, nous sommes entourés par les brisures du monde : crise climatique, migrations de réfugiés, injustice raciale, polarisation politique, incendies de forêt, inondations, la liste est longue.

Comment trouvons-nous la guérison dans notre brisure ? Que nous demande le brisement ?

Nous nous souvenons de notre allié le plus proche : la présence apaisante de notre souffle.

A lire aussi  Le BPD bénéficie-t-il du COVID-19?

Nous prenons conscience de nos différentes humeurs, recherchant l’équanimité.

Nous faisons notre travail intérieur, peut-être en nous tournant vers un ami ou un thérapeute de confiance.

Nous recherchons la communauté.

Nous nous réfugions dans la sage perspective de la loi de l’impermanence.

Nous réalignons le sens de notre vie.

L’or dans nos vies est chaque étape de guérison vers la plénitude. Certes, parfois notre brisement semble accablant. Mais c’est le signe de notre humanité et une invitation à avoir de la compassion pour soi. Aussi modeste soit-il, notre aspiration est de guérir notre petit coin d’univers. Chaque pas que nous faisons avec l’aspiration à la guérison devient un cadeau pour l’ensemble. C’est la réalité de notre interconnexion et le mystère de l’or métaphorique.

Que l’image de l’or de l’art de Kintsugi invoquez pour vous un moment de beauté et d’inspiration. Lorsque vous aussi visualisez le magnifique vase, souvenez-vous de la phrase bien connue d’un poème de Leonard Cohen : « Il y a une fissure dans tout, c’est ainsi que la lumière entre. »

Avec bénédictions et amour,

Olivier